Catégorie : Diplomatie et Relations Internationales

  • Le Consulat Général d’Haïti à Montréal en congé prolongé…

    Le Consulat Général d’Haïti à Montréal en congé prolongé…

    Le 22 décembre 2025, le Consulat Général d’Haïti à Montréal, a annoncé la fermeture complète de ses bureaux du 24 décembre 2025 au 6 janvier 2026. Près de deux semaines, soit 12 jours d’interruption totale de service, pile au moment où la communauté haïtienne du Québec subit déjà des retards chroniques, des délais interminables et une dégradation constante du service public consulaire. Les téléphones sont muets, les guichets sont fermés et les urgences sont suspendues de l’inefficacité à l’état pur.
    Ce poste consulaire, est un véritable chronique d’un service public à l’agonie, qui ferme ses portes alors que les citoyens haïtiens suffoquent sous l’urgence administrative.  Un Consulat en congé prolongé… pendant que la communauté étouffe comme si l’angoisse administrative pouvait elle aussi prendre des vacances de Noël.
    Alors qu’ailleurs dans le monde, des représentations consulaires au Québec confrontées aux fêtes de fin d’année se limitent à quelques jours fériés. Exemple : le Consulat du Maroc ferme le 25 décembre 2025 et le 1ᵉʳ janvier 2026; le Consulat de l’Algérie : 25 décembre 2025 et 1ᵉʳ janvier 2026; le Consulat de France : 25, 26 décembre et 1ᵉʳ janvier 2026.
    Même le Consulat d’Haïti à Santiago (République dominicaine) se limite aux 25 décembre 2025, 1ᵉʳ, 2 et 5 janvier 2026. Et ailleurs, notamment au Consulat d’Haïti à Paris en France, la fermeture se fera les 25 et 26 décembre 2025 suffit. Mais à Montréal, c’est le rideau pendant douze jours. Une performance administrative digne d’un record Guinness… de l’absurde.
    Le Consulat, miroir brise de l’État haïtien 
    Au fil des mois, le Consulat Général d’Haïti à Montréal est devenu le symbole d’un État qui oublie ceux qui le financent, le soutiennent et le représentent à l’étranger à savoir sa diaspora. Les témoignages abondent avec des demandes de passeports « urgents » traînant 8, 9, parfois 10 mois ; des dossiers juridiques suspendus dans le vide ; des formulaires indispensables jamais délivrés ; des communications inexistantes ou tardives, quand elles existent.
    Pendant ce temps, des ressortissants perdent des emplois, ratent des démarches, voient leur statut menacé, et vivent dans l’angoisse constante. Une souffrance administrative prolongée en version longue.
    Quand la représentation Consulaire oublie sa mission première 
    Un Consulat n’est ni une concession privée, ni un bureau à horaires flottants, ni un décor pour cérémonies protocolaires. C’est un service public vital. Un hôpital administratif pour citoyens en détresse. Et pourtant, face à l’une des diasporas les plus dynamiques et contributives du Québec, la réponse institutionnelle ressemble trop souvent à l’indifférence, à la lenteur, à l’opacité, et parfois à l’arrogance bureaucratique. La diplomatie devient gestion du silence.
    Le coût humain  : invisible mais immense
    Derrière chaque dossier en attente, il y a une mère qui ne peut renouveler son statut, un jeune dont l’avenir est suspendu, un demandeur d’asile terrorisé par un document manquant, une famille séparée par une formalité absente. Alors que les portes du consulat sont fermées officiellement, calmement et administrativement.
    Cette fermeture prolongée n’est pas qu’un choix logistique. C’est un message politique que l’État haïtien peut s’absenter là où sa présence est vitale. Dans un contexte où la diaspora soutient massivement l’économie nationale, l’absence prolongée prend la forme d’un abandon symbolique. Et cet abandon blesse.
    Une demande simple : le respect
    La communauté haïtienne du Québec ne réclame pas des privilèges. Elle demande la diligence, la transparence, la compétence et la dignité dans le traitement. Le minimum vital d’un État envers ses citoyens.  Cette fermeture du 24 décembre 2025 au 6 janvier 2026 cristallise la lassitude, la colère et le sentiment d’abandon. La diaspora fait vivre le pays, et pourtant, elle se voit frapper à des portes closes. La dignité du peuple haïtien mérite mieux. Beaucoup mieux.
    Un service a hauteur du salaire… Et rien d’autres 
    Sachant que la communauté haïtienne à Montréal souffre, certains responsables du Consulat semblent plus préoccupés par leur confort et leur statut que par la qualité du service. Malgré des salaires généreux, le service reste largement insuffisant, les démarches lentes et frustrantes.
    La direction actuelle, sous le leadership du chef de poste du Consulat Général, Anès LUBIN, entouré de militants politiques, d’anciens ministres recyclés et de maîtresses officielles avec l’aval du ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Harvel JEAN-BAPTISTE et du Premier ministre, Alix Didier FILS-AIMÉ, laisse la communauté haïtienne subir les conséquences d’une gestion inefficace et d’une organisation déficiente pour travailler au rabais, recevoir un salaire de roi, et ignorer ceux qui maintiennent le pays à flot.
    Amos CINCIR
    Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
    Ambassadeur du Royaume
    24 décembre 2025