Catégorie : Societe

  • Haïti : le pays où le succès d’un noir est une insulte et sa chute, une réparation morale…

    Haïti : le pays où le succès d’un noir est une insulte et sa chute, une réparation morale…

    Haïti, première Nation noire libre et indépendante du monde, matrice historique des droits humains modernes, est aujourd’hui rongée par une violence plus vieille que les gangs armés et les politiciens apatrides, une violence plus enracinée que la corruption endémique, et plus solide que l’État lui-même. Il s’agit de la haine horizontale, greffée à une jalousie pathologique devenue une norme sociale.

    Ce n’est pas une haine volcanique, franche et assumée. Non. C’est une haine propre, repassée, et respectable, parfaitement intégrée au vivre-ensemble du quotidien de l’Haïtien. Elle ne s’attaque jamais aux véritables prédateurs, trop dangereux, et trop utiles, mais plutôt au semblable qui ose sortir de sa case. Elle ne tue pas toujours par des balles réelles ; elle préfère des méthodes plus élégantes et diplomatiques comme le boycott feutré, la diffamation souriante, la rumeur persistante, la disqualification morale, et généralement l’isolement méthodique. Elle ne verse pas le sang. Elle stérilise les trajectoires.

    Quand la réussite devient un crime social

    Sociologiquement, le mécanisme est connu, documenté, et répété. Dans une société verrouillée et sans mobilité sociale réelle, la réussite individuelle devient une provocation et une insulte collective. Celui qui réussit rappelle aux autres ce qu’ils n’ont pas osé tenter, ce qu’ils ont abandonné en chemin, et ce qu’ils ont raté sans l’assumer. Il devient un miroir, et en Haïti, on fracasse les miroirs plutôt que de se regarder.

    Anthropologiquement, le mal est plus profond encore. Un peuple historiquement humilié, appauvri, et déstructuré développe parfois un réflexe suicidaire collectif qui préfère voir tomber l’un des siens plutôt que d’admettre que l’élévation et le succès sont possibles. La réussite n’inspire pas, elle déclenche de l’enquête, de l’autopsie, et de la suspicion.

    En Haïti, la félicitation est souvent une accusation en attente de preuve. On ne félicite pas avec le cœur. On ne félicite même pas avec sincérité. On félicite avec la bile, l’hypocrisie et l’arrière-pensée. « Félicitations, mais… » « On sait comment ça se passe… » « On attends, ça ne durera pas… »

    Noirs contre noirs :  la guerre la plus obscène 

    Le plus obscène, et le plus tragique, c’est que cette haine est massivement portée par des Noirs contre des Noirs. Quand un Haïtien à la peau foncée réussit sans parrain, sans marraine, sans clan politique, et sans aucune validation bourgeoise ou des puissances étrangères, il devient suspect par nature.

    Il viole une règle tacite mais sacrée, car en Haïti, la réussite doit être autorisée. Il faut une autorisation sociale, une autorisation de classe et une autorisation symbolique. Sans cette autorisation, la sanction est automatique, via la marginalisation, le boycott silencieux, le procès moral, les rumeurs recyclées et les alliances toxiques. Ce n’est pas de l’éthique. C’est de la police sociale.

    Carel PEDRE : la morale sélective comme une arme sociale

    Le cas de Carel PÈDRE est emblématique non par sa seule trajectoire personnelle en tant qu’individu, mais par l’usage social et politique de sa figure. Pendant des années, il a été érigé en arbitre moral autoproclamé, puis instrumentalisé avec arrogance et sans aucune humilité, comme un levier de boycott contre des artistes, des entrepreneurs, des diplomates et de jeunes figures montantes haïtiennes. Rarement sur la base de faits juridiquement établis, mais souvent sur des soupçons, des narratifs et des campagnes émotionnelles soigneusement entretenues.

    Cette posture de sa part n’était pas neutre. Elle servait, consciemment ou non, les intérêts symboliques d’une frange bourgeoise et chromatiquement privilégiée, jalouse de conserver l’exclusivité de la visibilité, de la respectabilité et du pouvoir d’influence en Haïti.

    L’explosion de la jubilation malsaine observée sur les réseaux sociaux et dans les salons, en Haïti comme dans la diaspora, depuis son arrestation en Floride aux États-Unis d’Amérique, survenue le dimanche 21 décembre 2025, n’a fait que confirmer le diagnostic. Il ne s’agissait ni de justice ni d’éthique. C’était une catharsis collective, une jouissance de sa chute, qui est révélatrice d’une société très malade incapable de distinguer la responsabilité individuelle et le plaisir haineux. Haïti n’a pas interrogé les mécanismes qu’elle avait nourris ; elle a applaudi le spectacle. La morale, ici, s’est révélée pour ce qu’elle est trop souvent, à savoir une lutte de classe déguisée en vertu civique.

    Chef Leen : Quand l’exploit dérange plus que l’échec 

    Le cas de Chef Leen, de son vrai nom Danaissa « Leen  Excellent » ORCHESTRE, relève d’une violence symbolique glaçante. En accomplissant un marathon culinaire de 192 heures, soit 8 jours, du 7 au 15 avril 2025, dans une tentative d’inscription au Guinness World Records, elle a réalisé un exploit rare, extrême, physiquement et mentalement éprouvant en mettant positivement les projecteurs sur Haïti.

    Réaction d’une partie des Haïtiens ? Ce n’est ni la fierté, ni le soutien. Mais le sabotage. Et ceci pour une simple erreur de langage, elle a été insultée grossièrement, humiliée psychologiquement, et boycottée ; sa page TikTok a été attaquée avec fureur et fracas ; et le fait le plus gravissime, des lettres ont été envoyées à Guinness pour tenter de la discréditer. Non par des étrangers, mais des Haïtiens parce qu’une femme noire, compétente, visible et applaudie mondialement dérange l’ordre mental d’une médiocrité bien installée.

    Dr Maryse Saint Pierre CYPRIEN : Compétence noire, affront diplomatique 

    Le parcours du Dr Maryse Saint Pierre CYPRIEN, diplomate hautement qualifiée à la délégation permanente d’Haïti à l’UNESCO, illustre une autre forme de cette violence feutrée. Son tort n’a jamais été une faute professionnelle. Son tort fut triple : celui d’être noire, d’être compétente, et de ne pas appartenir aux réseaux de cooptation qui verrouillent la diplomatie haïtienne.

    Dans un univers où les postes se transmettent plus par héritage social ou par militance politique que par mérite, son existence constituait une anomalie. Le boycott, l’isolement institutionnel, la misogynie et les attaques qu’elle a subis, notamment de la part d’anciennes diplomates et ministres recyclées issues de cercles bourgeois, souvent peu compétentes mais bruyamment légitimées par un peuple émotionnel relèvent d’un mécanisme très connu, la neutralisation des trajectoires non contrôlées. La haine ici est de classe, de couleur et de genre. Une femme noire maîtrisant les codes internationaux rappelle une vérité insupportable que la compétence n’est pas héréditaire.

    Bénita JACQUES : L’indépendance punie jusque dans la diaspora 

    Le cas Bénita JACQUES démontre que cette pathologie ne connaît pas de frontières. Elle prend l’avion, avec un visa et un billet. Actrice, réalisatrice internationale, auteure du documentaire « L’Afrique, berceau de l’humanité et des civilisations modernes », elle a été ciblée, sabotée et boycottée par des Haïtiens de la diaspora à Montréal lors de sa candidature aux élections au Canada, moins de 24 heures avant la clôture des inscriptions. Le timing n’était pas accidentel. Il était chirurgical.

    Pourquoi cette violence ? Parce qu’elle a refusé les codes implicites de soumission en refusant des arrangements, des alliances opportunistes, et de la dépendance. Dans l’imaginaire haïtien dominant, l’indépendance reste une transgression, même en terre étrangère. Où qu’il se trouve, l’Haïtien exporte parfois ses mécanismes d’auto-sabotage, préférant bloquer l’ascension d’un compatriote plutôt que de risquer l’émergence d’un leadership incontrôlable.

    REFEHMI : Célébrer les femmes haïtiennes, crime impardonnable 

    Le Réseau des Femmes Haïtiennes Modèles et Inspirantes (REFEHMI), actif depuis 2020, honorant 50 femmes haïtiennes chaque année en Haïti et dans la diaspora, a subi des pluies de boycotts et d’attaques. Pourquoi ? Parce que le projet est porté par une jeune femme noire, Eunice CINCIR.

    REFEHMI a commis un péché capital en célébrant l’excellence féminine noire sans demander la permission. 50 femmes par an. 50 trajectoires affirmées. Dans une société qui préfère invisibiliser la femme noire ou la cantonner à la figuration, c’est une provocation frontale. Le boycott n’est pas accidentel, il est structurel et bien huilé. Reconnaître REFEHMI, ce serait admettre que l’excellence noire féminine n’a plus besoin d’intercesseur. Et cela, la caste ne le supporte pas.

    SCO TOUR HAITI : le crime d’exister sans autorisation

    Sco Tour Haïti, une initiative éducative de promotion du tourisme local dans le milieu scolaire haïtien portée depuis 2019 par de jeunes Haïtiens noirs, sans parrains ni marraines, a subi le boycott, le mépris et le silence organisé. Ils sont trop autonomes, ils sont trop visibles et ils sont trop noirs. On doit les stopper.

    Sco Tour Haïti n’a pas été attaqué pour ce qu’il faisait, mais pour ce qu’il représentait, car des jeunes noirs organisés, disciplinés, visionnaires, formés, compétents et pédagogiques, racontent Haïti sans auncun traducteur de classe ni la permission d’un groupe. Ils ont brisé le protocole invisible. La sanction fut l’asphyxie par le silence médiatique, le refus de partenariats, les soupçons absurdes, et le sabotage passif-agressif. Toujours la même méthode.

    Johnson NAPOLÉON : produire local, subir local

    Le cas de Johnson NAPOLÉON et de la bière Ewo illustre le cannibalisme économique haïtien. Un entrepreneur noir de la diaspora crée, innove, et emploie. Réaction ? Des suspicions, des rumeurs, et des boycotts, souvent portés par ceux qui scandent « consommons local » entre deux produits importés. En Haïti, le local n’est célébré que lorsqu’il échoue.

    Même avec ses défauts et son manque parfois d’humilité, Johnson NAPOLÉON a démontré qu’il est possible de produire sans béquille oligarchique. Cela suffit à déclencher la haine et une jalousie pathologique. Car l’indépendance économique d’un Noir reste perçue comme une insubordination.

    La caste qui prend la nation en otage 

    Tous les secteurs de la vie nationale en Haïti sont verrouillés que ce soit l’économie, la politique, la culture, les médias, la technologie, la diplomatie, la santé, l’éducation, l’entrepreneuriat, et la religion. Ce n’est pas une élite productive. C’est une caste de contrôle. Elle ne crée pas, mais elle filtre. Elle ne bâtit pas, mais elle verrouille.

    Cette caste préfère un pays à genoux mais prévisible à un pays debout mais incontrôlable. Tant qu’elle décidera qui a le droit de réussir, Haïti restera une prison à ciel ouvert pour ses talents.

    Appel a la conscience : Rompre le pacte de la haine

    Il faut rompre avec le lynchage symbolique, avec la jouissance de la chute des autres malgré nos indifférence et nos choix personnels ou notre classe sociale, et surtout avec la religion de la médiocrité solidaire. Une nation qui détruit ses forces vives n’est pas victime, mais elle est complice. Chaque boycott injustifié, chaque rumeur colportée est une balle tirée contre l’avenir collectif.

    Haïti ne se relèvera pas tant qu’elle continuera à détruire ses meilleurs enfants. Le réveil sera douloureux. Mais il est vital.

    Amos CINCIR
    Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
    Ambassadeur du Royaume
    28 Décembre 2025
  • Sourires en location, la photo du mensonge familial : édition de Noël…

    Sourires en location, la photo du mensonge familial : édition de Noël…

    364 jours de haines feutrées, de silences assassins, de jalousies lentement ruminées comme des toxines domestiques. 364 jours où l’on se déchire à huis clos, où l’on s’ignore avec méthode et précision, où l’on se blesse avec une élégance cruelle et manifeste. Puis surgit le jour sacré du 24 ou du 25 décembre. Noël. La trêve n’est ni morale ni affective, elle est tout simplement photographique en un clic. La guerre n’est pas réglée ; toutefois, elle est suspendue pour la vitrine des réseaux sociaux. Ce qui naît n’est pas la paix, mais l’image.
    Une année entière de misère et de guerre relationnelle pour une seconde de pose héroïque. Voilà le pacte tacite. On n’apaise rien, on emballe. On ne réconcilie pas, on cadre. L’opinion est gavée de sourires sous cellophane pendant que la vérité, elle, agonise hors champ. Ce n’est pas un mensonge improvisé. Il s’agit d’une stratégie sociale parfaitement rodée.
    Sociologiquement, nous assistons à la mutation de la famille en objet de consommation symbolique. Le sociologue Erving Goffman parlait de la mise en scène de soi ; et nous sommes désormais dans la mise en marché de l’unité familiale. Les réseaux sociaux (Facebook, YouTube, Instagram, TikTok, etc.) servent de scène, et le public est mondial. Le rôle principal s’appelle respectabilité. Peu importe la réalité, les conflits chroniques, les mépris ordinaires, les violences psychiques, les violences verbales, les violences psychologiques et domestiques, les abandons affectifs, mais l’essentiel est de paraître conforme aux yeux du monde. La cohésion devient un décor, la joie devient un costume, et l’amour devient un accessoire interchangeable.
    Les faits sont banals, presque mécaniques. Des frères et sœurs qui ne se parlent plus depuis des mois, et même des années se retrouvent strictement pour la photo ; une fois l’image capturée, chacun regagne son territoire intérieur, et sa rancune reste et demeure intacte. La paix a duré le temps de l’obturateur.
    Il y a aussi des couples qui sont en décomposition avancée, minés par la domination et le mépris total, sont sommés de s’asseoir paisiblement côte à côte. Sourire obligatoire. Tandis que le conflit n’est pas résolu, mais il est camouflé.
    Des parents experts en déni émotionnel exigent aux enfants une joie immédiate et docile. Pleurer devient inconvenant. Dire la vérité devient subversif. La joie est devenue une injonction, et la souffrance une faute.
    Anthropologiquement, ce rituel relève d’un mensonge collectif ritualisé. Chacun sait que l’autre ment, mais tous y participent. C’est la collusion du paraître et du faux-semblant. Celui qui refuse la photo est aussitôt désigné comme un ingrat, un perturbateur, et un ennemi de l’harmonie. Dire le vrai ce jour-là relève du sacrilège. Le mensonge, lui, est devenu un devoir social, presque un acte civique.
    L’hypocrisie n’est ni accidentelle ni marginale, c’est un système bien huilé. Elle a ses codes, ses sourires calibrés, ses rires mécaniques, ses images festives. Sous le vernis, la réalité demeure inchangée, néanmoins les violences psychiques sont banalisées, les humiliations chroniques, sont devenues la norme, sans oublier les secrets toxiques, et les rivalités héréditaires. On repeint la façade pendant que la maison pourrit de l’intérieur.
    Psychologiquement, les dégâts sont profonds et durables. L’enfant apprend très tôt que l’’image prévaut sur la vérité. Que se taire protège plus que parler. Que l’apparence d’unité vaut davantage que la justice réelle. Il intègre un programme défectueux afin de ne jamais troubler l’image, et de toujours embellir le mensonge Devenu adulte, les enfants le reproduiront sans aucun doute. Le faux devient une tradition, transmis comme un héritage invisible.
    Il faut aussi nommer ces figures familiales paradoxales, qui durant toute l’année, elles interdisent qu’on questionne leurs relations sentimentales toxiques, mais en décembre elles exigent une adhésion totale au décor. Secret absolu dans le privé, exhibition calculée dans le public. Le silence protège le pouvoir ; l’unité sert la photographie.
    Les réseaux sociaux n’ont rien inventé ; ils ont tout simplement industrialisé l’hypocrisie. Les mentions, les commentaires, les partages, les réactions fonctionnent comme un anesthésiant moral. On se croit bon parent, bonne sœur, bonne famille, parce que l’algorithme applaudit. La conscience se mesure en engagement. Plus le mensonge est bien cadré, plus il est récompensé.
    Mais il serait intellectuellement malhonnête de tout confondre. Toutes les familles ne mentent pas. Il existe des familles réellement solides, modèles, cohérentes, et apaisées. Elles ne proclament pas leur unité, elles la viven*. Elles ne l’exposent pas, elles la protègent. Leur paix n’a nul besoin d’être publiée pour exister. Chez elles, le silence n’est pas dissimulation : il est dignité, retenue, maturité.
    Ne nous trompons donc pas de cible. Ce n’est pas la fête qui est en cause, mais son instrumentalisation. Ce n’est pas la photo en soi, mais son usage comme alibi moral. Une image ne répare rien. Elle cache, elle diffère, et elle trahit.
    Tant que l’on préférera le cliché à la conversation, le post à l’excuse, le sourire forcé à la réparation réelle, les familles resteront des champs de bataille décorés de guirlandes.
    Le reste de l’année, la guerre reprend. Et l’an prochain, à la même date, le décor sera réinstallé avec un clic, un sourire et un mensonge bien dosé.
    Amos CINCIR
    Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
    Ambassadeur du Royaume
    27 Décembre 2025
  • Le complexe de l’algorithme : Quand des incapables d’écrire accusent les autres d’être des machines comme ChatGPT…

    Le complexe de l’algorithme : Quand des incapables d’écrire accusent les autres d’être des machines comme ChatGPT…

    Depuis quelque temps, une pathologie contemporaine prospère sur les réseaux sociaux. Elle s’est dotée d’une milice improvisée en détecteurs d’IA autoproclamés, en vigiles hystériques du soupçon numérique, et des armés de pourcentages qu’ils ne comprennent même pas et qu’ils brandissent comme des vérités révélées.
    Ces individus ne relèvent ni de la technologie, ni du journalisme, ni même d’une analyse minimale. Ils relèvent d’un champ autrement plus clinique comme la psychologie de l’échec intellectuel. Leur symptôme cardinal est d’une simplicité presque biblique, car lorsqu’un texte ou une publication dépasse leur plafond cognitif ou leur capacité de compréhension, ils hurlent comme des chiens de garde «IA», «ChatGPT» et «machine». Malheureusement, ils ne lisent pas. Ils ne produisent rien, voire comprendre, mais ils soupçonnent.
    Leur raisonnement, si l’on accepte encore de lui accorder ce nom, tient dans une phrase aussi misérable que révélatrice : « Si je ne peux pas l’écrire ou le produire comme lui, alors personne d’autre ne peut l’écrire sans une machine. »
    Nous ne sommes plus dans le débat d’idées. Nous sommes entrés dans l’ère de la délation algorithmique, où l’ignorance s’étale et la paresse mentale se déguise en vigilance technologique.
    L’écriture  n’est pas démocratique
    À la lecture de nombreux commentaires haineux, discriminatoires, frustrés, pathétiques, émanant d’internautes ratés et de donneurs de leçons numériques sans œuvre ni trace, il faut le dire sans pédagogie inutile, sans précaution oratoire et sans anesthésie que l’écriture n’est pas démocratique. Elle est une compétence rare, longue, exigeante et douloureuse à acquérir.
    L’écriture se construit avec la patience, la constance, la ténacité, la volonté, l’assiduité, la persévérance, la curiosité, l’élégance et la rigueur. Elle exige des années de lecture, d’échecs et de discipline comme la musique savante, la pensée conceptuelle et même l’analyse politique sérieuse. Ces individus oublient une chose élémentaire que les outils technologiques sont accessibles à tous. Mais le talent, le potentiel et la capacité intellectuelle ne le sont pas.
    Si écrire un texte structuré, documenté, argumenté et stylistiquement maîtrisé se résumait à appuyer sur un bouton, les réseaux sociaux seraient déjà submergés par des milliards d’écrivains et de bibliothèques ambulantes. Nombreux de ces individus autoproclamés détecteurs d’IA ne sont que des dépotoirs de soupçons mal orthographiés, qui produisent des commentaires inutiles, agressifs sans aucune profondeur ni sens logique, mais surtout de commentaires truffés de fautes et de frustrations personnelles. Ils écrivent mais ne produisent rien de qualité.
    Le silence qui suivra sera la réponse la plus éloquente.
    25 ans d’écriture contre 25 secondes de jalousie numérique 
    Nous n’avons aucune justification à fournir aux paresseux intellectuels arrogants. Les faits, eux, sont d’une indécence brutale avec 25 ans d’écriture, depuis l’âge de 17 ans; 21 ans de pratique professionnelle continue; avec plus de 3 000 publications dans Le Nouvelliste (articles et brèves dans la rubrique « Les remous de l’Actualité»); co-publication et publication de plus de dix ouvrages; préfacier de plus d’une dizaine d’ouvrages haïtiens et étrangers; éditeur de plusieurs ouvrages. Ayant intégré Le Nouvelliste de juillet 2007 à janvier 2020. Et responsable de contenus et d’actualité entre 2010 et 2020.
    À ceux qui exigent que nous « prouvons » que nous n’utilisons pas l’IA, la réponse est clinique, car on ne demande pas à un chirurgien compétent de démontrer qu’il n’a pas utilisé une calculatrice pour opérer. Cette accusation ne révèle aucun doute sérieux. Elle révèle un complexe d’infériorité scripturale.
    Quand le passe exécute l’accusation : les détecteurs pris en flagrant délire
    Pour exposer l’absurdité de cette chasse aux sorcières numériques, nous avons choisis trois de nos articles publiés entre 2008 et 2019, à une époque où l’IA générative n’existait pas encore. Nous avons demandé à un expert en Intelligence artificielle de soumettre ces trois textes à plusieurs outils modernes dits de « détection d’IA ». Après plusieurs test et vérification, le résultat fut un naufrage méthodologique total.
    Prenons d’abord, ce texte titré « La secrète condamnation », une entrevue exclusive réalisée avec le feu Ati national, Max BEAUVOIR sur le phénomène de la zombification en Haïti, publié dans les colonnes du quotidien Le Nouvelliste, en date du 12 septembre 2008, et signés par les journalistes Amos CINCIR et Angie Beeline JOSEPH, le résultat fourni par AI Detector confirme que 77 % du texte présente des « signes de génération par IA ». Alors qu’en 2008, ces IA n’existaient pas. Cela montre clairement que ce n’est pas l’auteur qui imite la machine ; mais c’est la machine qui rétro-projette ses modèles statistiques sur une écriture humaine stable et cohérente.
    En second lieu, « L’Éducation sexuelle, grande absente des écoles et de la famille haïtienne », ce texte publié dans Le Nouvelliste sous la plume d’Amos CINCIR, en date du 3 juillet 2013. Les résultats affichés confirment que ce texte est soumis à 87% de « plagiat » avec 32% de modifications mineures, et que 15 % du texte est identique à d’autres textes. Par contre, une lecture académique élémentaire montre que ce texte ancien, abondamment cité, a été repris, commenté, et paraphrasé au fil des années. Tandis qu’un logiciel confond diffusion intellectuelle et plagiat. Ce n’est pas une faute. C’est une empreinte d’influence.
    Et enfin, cet article du 30 août 2019, sous le titre « Scandale diplomatique au Consulat d’Haïti à New York », publié dans les colonnes de Le Nouvelliste et signé par Amos CINCIR, a reçu un verdict de 95 %, niveau moyen de plagiat avec une décomposition montrant qu’il y a 34 % de modifications mineures et 18 % du texte est identique à d’autres publications, et que le reste contient des reformulations proches.
    Sur le plan juridique et journalistique, les faits publics sont établis, le lexique institutionnel standardisé est parfaitement identifiable, mais aucune originalité protégeable n’est en jeu. La conclusion est donc implacable, car aucune fraude n’est juridiquement ni intellectuellement possible.
    Ce que mesurent réellement les « détecteurs », le néant méthodologique
    Les outils de détection brandis comme preuves, JustDone, entre autres, ne sont rien d’autre que des produits commerciaux. Ce sont des outils conçus pour comparer mécaniquement des chaînes de mots, vendre de la « détection d’IA » et fabriquer du soupçon chiffré.
    Ces outils ne pensent pas, ne lisent pas, et ne contextualisent pas. Ils sont conçus par des humains pour compter. Et compter n’a jamais signifié comprendre automatiquement. Ils ignorent la chronologie, confondent dans la majorité des cas l’auto-réutilisation légitime et le plagiat, en assimilant des formules journalistiques et académiques standardisées à des copies, et produisent des scores dépourvus de toute valeur probante.
    Un pourcentage élevé de similarité n’est ni une preuve de plagiat, ni une preuve d’usage de l’IA, ni une atteinte à l’intégrité intellectuelle d’un auteur. Toute interprétation contraire relève soit d’une ignorance méthodologique creuse et vide, soit d’une malveillance assumée.
    Les algorithmes comme des béquilles pour les esprits faibles
    Les attaques répétées et émotives de certains internautes sur nos publications ne constituent en rien une controverse. Elles exposent, à nu, un aveu d’impuissance intellectuelle et une faiblesse en matière d’analyse. Quand un individu n’a rien à opposer aux faits, qu’il est incapable de démonter une analyse, et qu’il n’arrive même pas à contester sur le fond, il clique, il gesticule et il hurle à gorge déployée c’est « IA ! », ou « ChatGPT ! »
    Ce qu’ils oublient, ou n’ont jamais su, c’est que le journalisme, l’écriture, la littérature, l’art, la critique et la pensée ne se jugent pas à coups de captures d’écran.
    Chose certaine, les algorithmes passeront. Mais les textes de réflexions profondes, structurés, documentés, bien charpentés et signés restent dans les annales de l’histoire.
    Toujours cruelle, l’histoire se chargera invariablement de rappeler une vérité simple et brutale en soulignant que les cerveaux ne pourront jamais être remplacés ni par des pourcentages, ni par des machines artificielles.
    En définitive, l’intelligence artificielle, quelles que soient son utilité, son importance et ses avancées, aussi spectaculaires soient-elles, ne pourra jamais remplacée l’être humain dans toute sa dimension, ni l’art, ni le talent, ni le potentiel, ni la capacité de penser avec rigueur et rectitude.
    Amos CINCIR
    Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
    Ambassadeur du Royaume
    25 décembre 2025
  • Osez brûler ou mourir en silence….

    Osez brûler ou mourir en silence….

    Être radical et courageux, cela choque énormément la masse et beaucoup de gens. Nombreux de ceux qui vous observent, vous côtoient, et vous critiquent, se sentent dérangés par votre liberté et votre capacité particulière à dire très haut ce que beaucoup disent tout bas. Rester comme tout le monde, cela vous consume et vous fracasse de l’intérieur.
    Regardez autour de vous les foules dociles, les esprits ligotés et les nombreux cœurs enchaînés par la peur du jugement. Des hommes et des femmes qui préfèrent s’incliner devant le confort, même si cela tue leur vérité. Ils bradent leur essence et leur valeur pour obtenir l’approbation et la validation des autres.
    Mais vous… vous qui refusez de plier, vous qui refusez de vous fondre dans le moule, vous allez déranger. Vous serez pointé du doigt. Vous entendrez des murmures, des rires, des moqueries, des critiques acerbes, et parfois des propos vindicatifs et discriminatoires. Le monde entier vous dira de vous taire.
    Et pourtant… vous allez respirer pleinement. Vous allez vous tenir droit, avec dignité, fierté, honneur et respect même si le vent de l’opinion vous gifle avec fracas. Vous allez briller de votre propre lumière, quand eux restent gris et ternes, perdus dans l’ombre de leur peur.
    La radicalité n’est pas un signe d’arrogance ni de supériorité. C’est l’âme qui refuse les chaînes invisibles. C’est la force qui dit non à l’oppression du conformisme. C’est la vie qui hurle quand la foule murmure.
    Rester comme tout le monde ? C’est survivre à moitié. Être radical, c’est vivre pleinement, entièrement et librement, jusqu’au bout de votre vérité.
    Souvenez-vous que dans la majorité des cas, ceux qui vous critiquent avec virulence sont le plus souvent ceux qui vous regardent secrètement avec beaucoup d’envie et d’admiration. Ils aimeraient être à votre place, car vous avez osé, vous avez choisi d’agir autrement avec hauteur, dignité, dimension et autorité, au-dessus de la mêlée. Parce que vous êtes véritablement libre.
    Amos CINCIR
    Serviteur de l’Empire d’Haïti-Afrique
    Ambassadeur du Royaume
    23 décembre 2025
  • Carel PÈDRE : Quand l’arrestation d’un journaliste culturel devient le festival national de la malveillance haïtienne…

    Carel PÈDRE : Quand l’arrestation d’un journaliste culturel devient le festival national de la malveillance haïtienne…

    Si Haïti était un théâtre, l’arrestation controversée de Carel PEDRE, survenue le dimanche 21 décembre 2025 aux États-Unis, serait l’acte III d’une tragédie grecque mal traduite en créole. La règle numéro un, l’Haïtien n’a pas besoin de comprendre pour condamner, il suffit de haïr. Chez nous, la présomption d’innocence est un concept aussi exotique que la neige. C’est la description parfaite d’une sociologie brutale d’un peuple qui préfère enterrer ses héros que de les comprendre.
    En Haïti, nous avons inventé un sport national qui ne figure dans aucun dictionnaire : « rire au-dessus du cadavre moral de son voisin ».  Pendant que le monde entier se débat pour juger, analyser, contextualiser, les Haïtiens, eux, ont développé une passion rare de la célébration euphorique du désastre d’autrui. Oubliez le foot, la danse, et le rara, car ici, la ligue professionnelle, c’est « Ti Nouvo Malè a», où chaque chute d’un compatriote célèbre devient une orgie numérique.
    La République des épices émotionnelles
    Un Haïtien ne répète jamais une information brute, car il la farcit, la farcit encore, la remplit d’opinions, de jalousies, de fantasmes, d’amertume, et la sert chaude avec le piment, le sel, le Maggi, les mensonges recyclés et une pincée de haine générationnelle.
    La sociologie l’explique, un peuple traumatisé, fabriquant du sens à partir du chaos.
    L’anthropologie répond en ces ternes, l’héritage colonial du rabaissement systémique. Le cynisme haïtien ajoute : «Nou kontan lè sa rive lòt moun, paske sa pa rive nou, sa poko rive nou ! »
    99 lumières, 1  ombre:  le calcul national
    Tu peux briller 99 jours dans l’année en Haïti, à la radio, à la télé, à un podcast, à une communauté, et à un travail social, personne ne voit rien. Une seule erreur, réelle, supposée ou inventée, et soudain tout le monde s’éveille comme un coq tibétain sous cocaïne.
    Carel PEDRE a beaucoup voyagé dans l’imaginaire social parmi les héros, les traîtres, les pions politiques, les polémistes, les génies médiatiques, les opportunistes, les influenceurs, les manipulateurs, les idoles, et les ennemis.  En clair, réussir en Haïti, ce mot est l’insulte ultime. L’arrestation ? Factuelle. La réaction collective ? Psychiatrique.
    Sociologie de la haine chez nous : une science exacte
    Il y a trois catégories principales de réactions haïtiennes face au malheur d’autrui. D’abord, les jouisseurs sont ceux qui n’ont pas grand-chose dans la vie excepté des données internet illimitées et un besoin viscéral d’humilier quelqu’un avec plus de succès qu’eux.
    Par ailleurs, les moralisateurs bibliques sont ceux qui n’ont jamais péché, parce qu’ils n’ont jamais eu l’occasion. Et enfin, les bourreaux empathiques qui disent «courage», mais espèrent secrètement un deuxième scandale.
    La science explique que la complexité psychologique, la frustration économique, la mémoire traumatique collective, et la reproduction culturelle du dénigrement.  La réalité dit simplement : «Krab yo toujou ap rale krab yo.»
    Anthropologie du succès payant 
    En Haïti, il existe deux crimes impardonnables réussir malgré le pays, être aimé malgré les autres, être célèbre est dangereux et tu deviens miroir. Chacun s’y regarde et déteste ce qu’il y voit. Alors, on brise le miroir. Quand un Haïtien prospère, beaucoup se sentent trahis : «Poukisa li, e pa mwen ?»
    Il est fascinant d’observer comment un peuple traumatisé par l’impunité, la corruption politique, l’injustice structurelle, et la misère existentielle devient soudain très investi par un mugshot, un titre de police, un ragot WhatsApp, un hoax Facebook, et un tweet sans source.  Pas parce qu’il veut la vérité, il veut une excuse.  Une excuse pour justifier sa haine préexistante. Carel PEDRE est juste l’écran du jour.
    Carrelisme :   l’identité fantasmée du héros tragique
    On peut ne pas aimer Carel PÈDRE pour ses prises de position, son ton, ses choix, ses querelles, et son persona public. C’est normal, sain, nécessaire. Mais confondre justice et jubilation, voilà notre cancer social. L’homme arrêté devient la preuve vivante que nous attendions tous pour crier «Aaaaah ! Mwen te konn sa !» Même si personne ne savait rien.
    Haïti ne manque pas d’électricité parce qu’elle n’a pas de centrale de production. Elle manque d’électricité parce qu’elle consomme toute son énergie à incendier ses propres fils. Carel PEDRE pa premye. Li pap dènye.
    Tandis que les autres nations avancent sur la recherche, l’innovation, l’éducation, la technologie, et la justice. Nous, nous progressons sur le plaisir macabre de regarder un compatriote glisser sur une peau de banane imaginaire. Une société qui rit devant la chute d’un des siens ne se lève jamais. Et tant que le pays reste un canon chargé de jalousie, chaque réussite sera une cible, chaque erreur un carnaval, et chaque Haïtien, vivant ou mort, sera un spectacle.
    Amos CINCIR
    Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
    Ambassadeur du Royaume
    22 décembre 2025